Un mensonge de plus de Sarkozy : la Grèce n’est pas “sauvée”
Le plan de sauvetage des banques privées
La réalité est très loin des images d’Epinal qui nous présentent le « plan de sauvetage de la Grèce » comme un exercice d’équilibre entre les sacrifices « consentis » par le peuple grec et les « sacrifices » des banques. Les sacrifices ne sont nullement « consentis » par le peuple grec qui multiplie grèves et manifestations. Les « sacrifices » des banques ne sont en rien des sacrifices. La Grèce est loin d’être sortie d’affaire, au contraire. Quant à la crise de la dette publique européenne elle resurgit maintenant sous d’autres formes, tout aussi dangereuses.
La réalité est très loin des images d’Epinal qui nous présentent le « plan de sauvetage de la Grèce » comme un exercice d’équilibre entre les sacrifices « consentis » par le peuple grec et les « sacrifices » des banques. Les sacrifices ne sont nullement « consentis » par le peuple grec qui multiplie grèves et manifestations. Les « sacrifices » des banques ne sont en rien des sacrifices. La Grèce est loin d’être sortie d’affaire, au contraire. Quant à la crise de la dette publique européenne elle resurgit maintenant sous d’autres formes, tout aussi dangereuses.
Le « sacrifice » des banques
Les créanciers privés et les banques qui sont les principales créancières privées de la Grèce se sont-ils « sacrifiés », comme le proclament à grands renforts de violons plaintifs la quasi-totalité des médias, en « effaçant » 53,5 % de leurs créances, c’est-à-dire 107 milliards d’euros ?
Les créanciers privés et les banques qui sont les principales créancières privées de la Grèce se sont-ils « sacrifiés », comme le proclament à grands renforts de violons plaintifs la quasi-totalité des médias, en « effaçant » 53,5 % de leurs créances, c’est-à-dire 107 milliards d’euros ?
Il suffit pour répondre à cette question d’imaginer ce qui serait advenu en cas d’impossibilité pour la Grèce de rembourser ses créanciers. La Grèce n’aurait pas obtenu les 130 milliards d’euros versés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le FMI. Elle n’aurait donc pas pu faire face au remboursement de ses obligations arrivées à échéance (14,5 milliards d’euros à la fin du mois de mars). La panique aurait gagné les marchés financiers et se serait immédiatement étendue aux titres des dettes publiques italiennes et espagnoles qui représentent un total de près de 3 000 euros en grande partie détenus par les banques et les assurances de l’Union européenne.
C’est donc pour sauver leurs créances de près de 3 000 milliards d’euros et leur propre peau (une crise bancaire aurait immédiatement suivi ce défaut grec), que les banques et les assurances européennes ont accepté de « perdre » 106 milliards d’euros.
Ensuite, sur les 130 milliards soi-disant versés par le FESF et le FMI pour « aider la Grèce », 25 milliards d’euros seront aussitôt utilisés à recapitaliser les banques grecques et retourneront donc aux banques.
Ensuite, la valeur des obligations grecques n’avaient plus rien à voir avec leur valeur d’émission. Une obligation de 100 euros lors de son émission (sa valeur faciale) ne valait plus sur le marché secondaire (la bourse) que 10 euros dans le meilleur des cas. Les nouvelles obligations reçues par les banques et les assurances en contrepartie de leurs anciennes obligations auront une valeur de 46,5 % de la valeur faciale des anciennes obligations. Soit une valeur de 46,5 euros pour une obligation de 100 euros qui ne valait plus que 10 euros sur le marché boursier. Un cadeau, donc, de 36,5 euros par obligation de 100 euros pour les banques !
Ensuite, les banques pourront faire jouer les assurances, les fameux CDS (Credit Default Swap) qu’elles avaient prises sur la dette publique grecque. Certes, d’autres banques devront cracher au bassinet les 3,2 milliards d’euros concernés mais se sont essentiellement des banques anglo-saxonnes, Morgan Stanley notamment.
Les banques et les assurances européennes s’étaient de toute façon déjà défaussées d’une bonne partie des titres de la dette publique grecque qu’elles avaient acquises aux dépens de la Banque centrale européenne (BCE) et du FESF. Un nouveau transfert, d’une rare discrétion, des dettes privées vers les dettes publiques, après celui de 2008-2009.
Les banques européennes avaient investi en titre de la dette publique grecque une partie des centaines de milliards d’euros que la Réserve fédérale américaine et la BCE leur avait fourni à taux zéro lors de la crise bancaire de 2008. Grâce à ce plan de sauvetage, elles auront sauvé l’essentiel de leurs fonds malgré l’échec de leur spéculation. Ce sera aux peuples européens de payer la facture puisque les dettes de la BCE et du FESF sont garanties par les Etats de l’Union européenne.
Les Grecs ne bénéficieront pas de l’ « aide » de l’UE et du FMI
L’argent sera versé sur un compte bloqué comme l’avait exigé Merkozy. Les sommes ne seront débloquées que pour recapitaliser les banques ou payer les créanciers de la dette grecque au fur et à mesure de leur arrivée à échéance.
L’argent sera versé sur un compte bloqué comme l’avait exigé Merkozy. Les sommes ne seront débloquées que pour recapitaliser les banques ou payer les créanciers de la dette grecque au fur et à mesure de leur arrivée à échéance.
Les Grecs ne verront donc pas la couleur d’un seul euro des 130 milliards d’euros de l’UE et du FMI, comme cela avait déjà été le cas pour le précédent prêt de 110 milliards. Ce plan de sauvetage n’est pas un plan de sauvetage de la Grèce, bien au contraire puisqu’il l’enfonce encore plus dans la récession et la misère sociale. C’est uniquement un plan de sauvetage des banques.
La dette publique grecque ne diminuera pas
La dette grecque s’élève à 365 milliards d’euro, c’est-à-dire à 160 % d’un PIB de 328 milliards d’euros fin 2011.
La dette grecque s’élève à 365 milliards d’euro, c’est-à-dire à 160 % d’un PIB de 328 milliards d’euros fin 2011.
Merkozy et la finance annoncent qu’avec les « sacrifices » des banques et le prêt de 130 milliard d’euros, la dette grecque ne devrait plus s’élever qu’à 120 % du PIB de la Grèce en 2020. Pourquoi en 2020 ? Tout simplement parce que le prêt de 130 milliards du FESF et du FMI viendra s’ajouter à la dette publique actuelle de la Grèce. 106 milliards en moins et 130 milliards en plus, cela signifie à court terme une dette accrue de 24 milliards d’euros !
La Troïka (BCE, UE, FMI) prévoit pour arriver à une dette grecque de 120 % du PIB en 2020 une croissance de 1,1 % en 2012 et de 4 % par an ensuite. Ce scénario illustre parfaitement l’incroyable aveuglement de la Troïka. En 2011, le PIB de la Grèce a diminué de 6 %. Cela devrait être encore pire en 2012 et on ne voit pas comment la situation pourrait s’améliorer entre 2013 et 2020. Ce que la Troïka est incapable de comprendre c’est que les plans de destruction sociale imposée à la Grèce ont massacré sa consommation intérieure et que la généralisation de l’ « austérité » à l’ensemble de l’Europe détruisent ses débouchés extérieurs.
Il faudra bien, tôt ou tard, se rendre à l’évidence, la Grèce est insolvable, elle ne pourra jamais rembourser sa dette. La seule solution pour elle est d’annuler sa dette publique et d’éjecter de son sol les hommes en noir de la Troïka avec leurs plans de destruction sociale.
La démocratie grecque pulvérisée
La formule employée par le ministre de l’économie grec, Evángelos Venizélos, illustre parfaitement ce qu’il en est, aujourd’hui, de la démocratie grecque. Ce triste personnage s’est félicité d’une participation « massive » des créanciers grecs qui constitue « un vote de confiance » de ces créanciers. Voilà le seul « vote » qui compte pour le gouvernement grec actuel. Il faut dire que Venizélos, venus dans les bagages de Papademos doit son poste actuel de ministre aux marchés financiers qui avaient imposé ce nouveau gouvernement dit d’ « union nationale » après que Papandréou ait osé (pas longtemps, hélas) s’opposer à Merkozy en annonçant un référendum.
La formule employée par le ministre de l’économie grec, Evángelos Venizélos, illustre parfaitement ce qu’il en est, aujourd’hui, de la démocratie grecque. Ce triste personnage s’est félicité d’une participation « massive » des créanciers grecs qui constitue « un vote de confiance » de ces créanciers. Voilà le seul « vote » qui compte pour le gouvernement grec actuel. Il faut dire que Venizélos, venus dans les bagages de Papademos doit son poste actuel de ministre aux marchés financiers qui avaient imposé ce nouveau gouvernement dit d’ « union nationale » après que Papandréou ait osé (pas longtemps, hélas) s’opposer à Merkozy en annonçant un référendum.
Les sommes versées par le FESF et le FMI le seront sur un compte bloqué, contrôlé par la Troïka. Les nouvelles obligations émises par la Grèce seront soumises au droit anglais pour rendre plus difficile une restructuration ou une annulation de la dette grecque.
La Troïka siège en permanence à Athènes et se substitue de plus en plus au gouvernement et à l’Etat grec. Cela ne suffit pas à Merkel qui veut, de nouveau, imposer à la Grèce la présence d’un commissaire européen chargé d’administrer la Grèce.
La Troïka a exigé, avant les élections législatives, que les dirigeants des « partis de gouvernement » signe un document les obligeant à ne rien changer aux engagements pris par le gouvernement de Papadémos. Une façon évidente d’annoncer que ses élections ne serviront à rien, que le suffrage universel n’a plus aucune valeur.
Les élections législatives sont sans cesse repoussées. Elles devaient avoir lieu en février, le gouvernement parle maintenant de mai ou de juin. Il faut dire que les sondages donnent 40 % des suffrages aux partis de gauche qui refusent les plans de destruction sociale. Le PASOK, déjà affaibli par le refus courageux de 22 de ses députés de voter la dernier plan de destruction sociale, n’obtiendrait plus que 10 % des voix alors qu’il avait recueilli 44 % des suffrages en 2009.
La politique des oligarques européens est une quadruple catastrophe
Une catastrophe démocratique comme nous venons de le voir. Une catastrophe sociale avec les plans de destruction sociale à répétition imposés au peuple grec. Une catastrophe économique puisque ces plans plongent la Grèce dans une récession de plus en plus profonde.
Une catastrophe démocratique comme nous venons de le voir. Une catastrophe sociale avec les plans de destruction sociale à répétition imposés au peuple grec. Une catastrophe économique puisque ces plans plongent la Grèce dans une récession de plus en plus profonde.
Une catastrophe financière, enfin, puisque le déficit public de la Grèce s’accroît chaque année de 6 ou 7 %, contrairement aux objectifs des oligarques européens. Selon le dernier rapport de la Troïka, la Grèce pourrait revenir sur les marchés financiers en 2015. C’est complètement farfelu. Il faudrait pour cela que les marchés financiers exigent de la Grèce des taux de l’ordre de 5 % pour acquérir les obligations qu’elle émettrait afin de rembourser les titres de sa dette publique arrivés à échéance. Cela n’a aucun rapport avec la réalité : le taux de rendement des obligations grecques exigé par la finance est aujourd’hui supérieur à 34 % sur le marché secondaire (la bourse). L’hebdomadaire allemand « Der Spiegel » du 4 mars affirmait que la Troïka, dans une première version de son rapport, avait écrit que ce retour de la Grèce sur les marchés financiers était loin d’être évident et que les besoins en financement de ce pays pourraient alors atteindre 50 milliards d’euros entre 2013 et 2020. Ce passage, selon « Der Spiegel », avait été retiré à la demande du gouvernement allemand.
La crise de la dette publique européenne est, hélas, loin d’être terminée
Sarkozy, à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le vendredi 2 mars proclamait : « nous ne sommes pas sortis de la crise économique mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière ». Il n’avait toujours pas compris qu’il y avait un rapport étroit entre crise financière et crise économique. Sous prétexte de répondre à la crise financière en réduisant les déficits à marche forcée, les « plans de rigueur » imposés aux pays européens plongent leurs économies dans la récession. La récession, à son tour, empêche toute réduction des déficits publics et accroît la crise financière.
Sarkozy, à l’issue du sommet européen de Bruxelles, le vendredi 2 mars proclamait : « nous ne sommes pas sortis de la crise économique mais nous sommes en train de tourner la page de la crise financière ». Il n’avait toujours pas compris qu’il y avait un rapport étroit entre crise financière et crise économique. Sous prétexte de répondre à la crise financière en réduisant les déficits à marche forcée, les « plans de rigueur » imposés aux pays européens plongent leurs économies dans la récession. La récession, à son tour, empêche toute réduction des déficits publics et accroît la crise financière.
Pour sortir de ce cercle vicieux, les oligarques européens veulent imposer des « réformes de structure ». Ainsi, en Espagne, au nom de la lutte contre le chômage, le chef du gouvernement, Mariano Rajoy entend-il imposer une réforme du marché du travail qui passe par une suppression de toute entrave aux licenciements, une durée de stage avant titularisation passant de six mois à un an. La meilleure recette pour encore augmenter le chômage et accentuer la récession de l’avis des syndicats espagnols (UGT et CCOO) qui appellent à une nouvelle grève générale le 29 mars prochain. En attendant, la Commission européenne « attend des explication » et envoie ses « inspecteurs » à Madrid.
Sarkozy veut nous faire croire que le répit relatif que connaissent aujourd’hui les taux d’intérêts de l’Espagne et de l’Italie (5 à 6 % au lieu de 6 à 7 %) serait dû au pacte Merkozy. C’est entièrement faux, ce pacte aboutit exactement à l’effet inverse en enfonçant encore plus l’Europe dans la récession.
Le répit donné à ces deux pays a une seule origine, les 1 018 milliards d’euros prêtés aux banques européennes par la BCE au taux de 1 % : 489 milliards en décembre 2011et 539 milliards en mars 2012. Les banques (en particulier italiennes et espagnoles) utilisent les fonds qu’elles ont obtenus aux guichets de la BCE pour acheter des titres des dettes publiques espagnoles et grecques et faire baisser leurs taux de rendement. Mais la BCE aura du mal à renouveler ce type de crédit car les marchés financiers commencent (à juste titre) à s’inquiéter de l’addiction des banques à ce type de crédit. Et peut-être aussi les peuples espagnols et italiens commenceront-ils à se poser la question de savoir pourquoi les banques prêtent à l’Espagne et à l’Italie à des taux supérieurs à 5 % alors qu’elles obtiennent cet argent au taux de 1 % auprès de la BCE ?
A peine signé, le traité Merkozy ne peut déjà plus s’appliquer
A peine le pacte budgétaire était-il signé (et non ratifié), le 2 mars, par 25 pays européens, que les Pays-Bas et l’Espagne annonçaient qu’ils ne pourraient pas l’appliquer.
A peine le pacte budgétaire était-il signé (et non ratifié), le 2 mars, par 25 pays européens, que les Pays-Bas et l’Espagne annonçaient qu’ils ne pourraient pas l’appliquer.
Le pays le plus acharné à imposer la « règle d’or » du pacte budgétaire de Merkozy, les Pays-Bas, annonçait que son déficit public atteindrait 4,5 % du PIB en 2012 et 4,1 % en 2013. Très loin des 3 % auxquels le gouvernement des Pays-Bas s’était engagé.
Le chef du gouvernement conservateur de l’Espagne annonçait, lui aussi, qu’il ne pourrait tenir les objectifs fixés par le traité Merkozy. Le déficit public s’élevait à 8,51 % du PIB espagnol en 2001 et Mariano Rajoy ne voyait pas comment il pourrait atteindre les objectifs de 4,4 % en 2012 et de 3 % en 2013.
Les malheurs des oligarques européens ne s’arrêtent pas là. Les marchés financiers semblent maintenant comprendre (à la différence de Sarkozy) que, sans croissance économique, la détention des titres de la dette publique portugaise sera de plus en plus risquée. Et comme les prévisions de croissance négative au Portugal dépassent les 5 % en 2012, le taux de rendement des obligations portugaises à 10 ans atteignent maintenant 12,45 %. Ce qui rend illusoire la possibilité d’un retour du Portugal sur les marchés financiers en 2014. Il ne restera plus alors au Portugal que deux solutions : faire défaut de sa dette ou demander un nouveau prêt à la Troïka. Le Portugal apparaît donc maintenant comme le nouveau maillon faible de l’Union européenne.
Pire que tout, pour les oligarques européens, la démocratie qu’ils veulent à tout prix mettre au pas leur fait obstacle dans trois pays européens.
L’Irlande où l’annonce d’un référendum sur le traité Merkzoy leur à fait l’effet d’une douche glacée.
La France où l’élection présidentielle pose un gros problème à Merkozy dans la mesure où l’élection de François Hollande signifierait la disparition de la moitié de ce duo de droite et la volonté du nouveau gouvernement français de renégocier le traité.
L’Allemagne elle-même, enfin, puisque sa constitution exige une majorité des 2/3 pour ratifier le traité européen alors qu’une partie de la coalition de droite refuse le traité (pour ne pas « aider » ces horribles Grecs) et que le SPD et les Verts posent leurs conditions à ce vote : l’adjonction d’un volet destiné à assurer la croissance économique.
Gérard Filoche
Jean-Jacques Chavigné
Jean-Jacques Chavigné
J'aurais aimé que le "S" de MES (Mécanisme Européen de Stabilité) signifie "Solidarité", parce que c'est bien de solidarité qu'il s'agit.
Quand on est de gauche et que l'on constate la purge violente que les décisions de la "Troïka" (FMI, BCE, Commission Européenne) font subir au peuple grec, on doit s'inquiéter et s'interroger sur la notion de solidarité au sein de l'Europe.
De quoi s'agit-il en effet?
Les 2 traités soumis au Parlement pour ratification concernent l'un, la création du MES et l'autre, la fixation du cadre et des règles de fonctionnement et de déclenchement du mécanisme.
Ces deux textes instaurant le MES ne constituent absolument pas une avancée de la solidarité européenne. Il s’agit en fait d’une «solidarité» sous contrainte d’austérité et sous tutelle des Etats par les instances européennes. Les versements des aides issues de ce fonds seront conditionnées à la ratification par ceux qui les demanderont du 3ème traité, le TSCG, dit "Merkozy", qui est un traité de discipline budgétaire.
Le TSCG ("Traité intergouvernemental sur la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de l’Union économique et monétaire") implique l'acceptation de la «règle d’or». Il prévoit des sanctions automatiques des pays et instaure durablement l’austérité en Europe. Ce traité doit être signé par les chefs d’Etat et de gouvernement début mars et ensuite être ratifié dans les Etats membres. Pour la France, ce sera après l’élection présidentielle.
François Hollande a précisé que, s'il est élu, il renégociera ce traité et le "paquet Merkel/Sarkozy", qui tourne le dos à la croissance et à une sortie réelle de crise de l’Union Européenne.
Il est donc difficile pour la gauche de cautionner le MES en l’état. Cela reviendrait à institutionnaliser ce que la "Troïka" impose à la Grèce aujourd’hui. De plus, ce dispositif ne peut pas répondre aux difficultés grecques, puisque le MES ne sera opérationnel qu’après l’adoption du traité TSCG et son éventuelle ratification par certains Etats.
Malheureusement, à l'exception d'une quarantaine de députés de gauche, qui se sont opposés au texte, la droite a voté massivement "pour" et le texte a été adopté hier par l'Assemblée nationale.
Il doit être examiné par le Sénat la semaine prochaine et je pense que cette assemblée, qui a désormais une majorité de gauche, se devrait de soulever son caractère inconstitutionnel, comme l'a demandé hier sur LCP Marie Noëlle Lienemann, sénatrice de Paris.
En effet:
- ce texte anticipe sur l'abandon de la souveraineté budgétaire qu'imposera un traité qui n'est pas encore signé (le TSCG);
- cela conduira à une interdiction du contrôle parlementaire en matière budgétaire, qui est contraire à la Constitution (dont le préambule intègre la Déclaration des Droits de l'Homme et notamment son article 14)
Article 14: Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.
De plus, c'est la première fois qu'un projet de traité européen n'est pas soumis à l'avis préalable du Conseil Constitutionnel!
Pour toutes ces raisons, il faut que le Conseil Constitutionnel soit saisi d'urgence, avant toute délibération du Sénat, pour qu'il donne son avis sur ce système baroque, dangereux et qui n'a plus rien de démocratique.
Paul Quilès
Il faut supprimer le quotient familial
le 18 janvier 2012
Supprimer le système injuste de quotient familial de l’impôt sur le revenu permettrait de doubler le niveau des allocations familiales. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
Lettre ouverte aux militants socialistes de la deuxième circonscription.
le 18 janvier 2012
Supprimer le système injuste de quotient familial de l’impôt sur le revenu permettrait de doubler le niveau des allocations familiales. L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.L’objectif premier de la politique familiale n’est pas de redistribuer entre riches et pauvres mais entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas. La mise sous condition de ressources de l’ensemble des prestations familiales - souvent évoquée - conduirait, à plus ou moins longue échéance, à la privatisation de l’ensemble de la protection sociale le jour où les riches et les bien-portants préféreront payer pour leurs enfants plutôt que pour ceux des pauvres et leurs malades. La France souffre aujourd’hui d’un déficit de politiques universelles.
Mais il ne faut pas oublier qu’il existe en France un mécanisme particulièrement injuste, qui aide davantage les familles riches que les familles pauvres ! La véritable injustice fiscale française, c’est en effet le système dit de « quotient familial » de l’impôt sur le revenu [1]. Celui-ci réduit le montant de l’impôt à payer par les familles en fonction de leur nombre d’enfants et proportionnellement à leurs revenus ! Cette redistribution à l’envers atténue le caractère déjà peu progressif du système fiscal français. Au total, la perte de recettes pour le budget de l’État est estimée entre 10 et 13 milliards par an.
Évidence qu’il faut rappeler, les familles non imposables, la moitié des foyers, ne voient pas la couleur du quotient. Pour les autres, d’après des calculs réalisés par le ministère du budget, l’avantage procuré est en moyenne de 490 euros annuels pour les 10 % des ménages les plus pauvres et 3 800 euros pour les 10 % les plus riches. En fait, jusque 1 500 euros de revenus mensuels, le quotient n’apporte aucun avantage, quel que soit le type de famille. Pour les familles avec un enfant, l’avantage atteint 2 300 euros annuels à partir de 5 000 euros de revenus mensuels, pour les familles avec deux enfants il vaut 4 600 euros au maximum à partir de 6 000 euros mensuels, pour les familles avec trois enfants, il atteint 9 000 euros à partir de 7 500 euros mensuels. On est alors à l’intérieur des 10 % les plus aisés, très loin des « classes moyennes », si souvent mises en avant aujourd’hui.
Comment donner une explication à une telle injustice ? L’argument des défenseurs du quotient est simple : ce mécanisme sert à assurer l’égalité de traitement entre familles de niveau de vie semblable avec et sans enfants. Rien d’autre. L’article 13 de la Déclaration des droits de l’homme stipule en effet que la « contribution commune » doit être « également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés ». Que l’on comprenne bien ce que sous-entend un tel raisonnement : si l’égalité de traitement est assurée par le quotient en proportion des revenus, cela veut dire, que la capacité contributive des ménages est réduite à la venue de chaque enfant, proportionnellement au revenu des parents. Un enfant de riches entraîne plus de dépenses qu’un enfant de pauvres. C’est la seule justification valable du quotient familial.
Dans la pratique, les défenseurs du quotient familial ont raison : le loyer d’un studio dans le 7e arrondissement de Paris est plus élevé que celui d’une chambre en cité universitaire. Un enfant de riche coûte effectivement plus cher à ses parents, en études, en loyers, en vacances, en activités diverses, etc., qu’un enfant de pauvre. Doit-on, au nom de l’égalité entre familles de même niveau de vie donner plus aux riches qu’aux pauvres ? La République n’a pas à reconnaître cette réalité : tous les enfants sont égaux à ses yeux. En Europe, seule la France raisonne de cette façon. C’est donc d’un montant fixe que doivent être réajustées les facultés contributives, considérant que chaque enfant coûte autant, même si c’est faux dans la réalité.
Si l’on admet la nécessité d’une politique familiale, quelles pourraient être les grandes lignes d’une réforme permettant une redistribution plus juste ? De la gauche à la droite, des syndicalistes aux économistes, la défense de ce mécanisme est puissamment assurée. Les enjeux de la réforme sont importants car des familles aisées y perdront quelques milliers d’euros au profit des catégories populaires et moyennes.
Dans ce contexte (sans même parler des difficultés budgétaires), une évolution graduelle a beaucoup plus de chance d’aboutir que le "grand soir" de la politique familiale ; il faut donc supprimer progressivement le quotient. Par une mesure simple : l’abaissement graduel sur cinq ou dix ans, du plafond de revenus au-dessous duquel le quotient s’applique. En parallèle, il faut augmenter les allocations familiales du montant des recettes fiscales ainsi obtenues. D’un montant égal pour chaque enfant, elles seraient versées dès le premier, et viendraient remplacer toutes les anciennes aides. Au passage, c’est une évolution semblable à la réforme du supplément familial de traitement que perçoivent les fonctionnaires qui devait être mise en place le 1 janvier dernier et qui a été repoussée. Ce supplément, en grande partie proportionnel au salaire devait être rendu forfaitaire, assurant ainsi une plus grande justice.
Sur les bases actuelles, le montant des nouvelles allocations familiales atteindrait autour de 600 euros par an par enfant selon le ministère du budget lui-même ! Le niveau global des allocations familiales seraient doublées. Une grande majorité des familles des catégories populaires et moyennes y gagneraient. En particulier les jeunes couples des classes moyennes au moment de la venue de leur premier enfant. La peur des associations familiales, même progressistes, devant un tel chamboulement, est légitime : la manne budgétaire ainsi débloquée servirait-elle vraiment à la politique familiale ? Réticence légitime, par ces temps de restrictions budgétaires... C’est donc un engagement précis que devrait prendre la collectivité, en réaffirmant, à l’occasion, la nécessité d’une solidarité entre ceux qui ont des enfants et ceux qui n’en ont pas. Au-delà du « coût » de l’enfant, bien réel, le « petit d’homme » est une trop grande richesse pour que la collectivité ne le favorise pas un peu.
Louis Maurin
Directeur de l’Observatoire des inégalités. Auteur de "Déchiffrer la société française", éditions La découverte, 2009.
(Cet article est une version actualisée d’un point de vue publié par Le Monde, le 1 juillet… 1997.)
Photo/ © Trevor Allen - Fotolia.com
[1] Confondu malheureusement par beaucoup avec le système de quotient utilisé notamment par les collectivités locales pour certains services (activités de loisir, cantines, etc.) pour tenir compte des revenus des familles
Lettre ouverte aux militants socialistes de la deuxième circonscription.
Notre parti, le Parti socialiste (PS) a signé un accord avec Europe Écologie Les Verts (EELV) pour les prochaines élections législatives. Cet accord comporte un volet programmatique et un volet électoral. Le premier a donné lieu à quelques dysfonctionnements, notamment sur la question du nucléaire, qui appartiennent désormais, souhaitons-le, au passé. Il n’en est pas moins une bonne base politique pour les campagnes à venir. Le second est l’objet de contestations ici où là.
Sur quoi porte ce volet électoral de l’accord ?
60 circonscriptions pour EELV, 35 pour le Parti Radical de Gauche (PRG), 140 pour le PS : plus de 200 circonscriptions où la gauche se présentera unie devant les électeurs.
Dans le Vaucluse, une circonscription est réservée à EELV, trois au PS et une reste en dehors.
La première question posée par cet accord est celle de sa justification politique.
Dans la période politique que nous avons vécue depuis 2007 (et auparavant), celle-ci est évidente. Nous avons besoin, pour être au rendez-vous de l’histoire en juin 2012, de rassembler la Gauche, pour gagner, bien sûr, mais aussi pour gouverner afin d’offrir une réponse crédible aux aspirations du peuple de gauche et des couches les plus défavorisées de notre population. Ce rassemblement s’est déjà largement opéré dans la rue pour combattre les politiques violemment antisociales des gouvernements successifs mis en place par Nicolas Sarkozy. Le mouvement pour la défense des retraites, pour n’évoquer que lui, a ainsi provoqué une dynamique de contestation dans laquelle se sont retrouvés les millions de femmes et d’hommes de progrès que compte notre pays. Huit millions de nos concitoyens, à un moment ou à un autre, sont descendus dans la rue ou ont fait grève à cette occasion. Admirable mobilisation !
Et l’on pourrait multiplier les exemples : défense des services publics, dans l’Éducation nationale, à La Poste, défense de l’emploi, avec les Fralib, à Malaucène, à Berre, autant de combats unitaires qui ne peuvent que donner à réfléchir aux militants politiques que nous sommes.
La logique de ces mouvements ne pouvait que nous conduire à nous engager dans la voie de l’unité pour offrir un débouché politique aux mouvements sociaux initiés dans la dernière décennie.
L’accord PS, EELV, PRG s’inscrit dans cette logique. Ce qui est regrettable, c’est que nous ne parvenions pas, pour l’instant, à bâtir le même type d’accord avec le Front de gauche, dernière force politique de la Gauche française avec qui le débat et le rapprochement ne sont toujours pas engagés.
Mais, qu’on ne s’y trompe pas, ce qui est en jeu, ce ne sont pas quelques sièges de députés pour les uns ou les autres.
Ce qui est en jeu, c’est l’avenir de la Gauche française dans son ensemble, car si d’aventure le succès n’était pas au rendez-vous en 2012, personne ne serait épargné. Une nouvelle défaite par défaut d’unité ne serait pardonnée ni au PS, colonne vertébrale de la Gauche française, ni aux autres composantes de notre camp, aussi radicales soient-elles. Les attentes de nos concitoyen-ne-s sont si fortes que nous n’avons aucun droit à l’erreur.
Ce qui est en jeu, c’est l’espoir, pour ceux et celles qui souffrent des politiques néolibérales, de voir s’améliorer leur vie quotidienne en matière d’emploi, de pouvoir d’achat, de protection sociale…
Nous, socialistes de la deuxième circonscription, aurions préféré, bien sûr, mener le combat pour un socialiste aux élections législatives. Nous l’avions d’ailleurs souhaité publiquement au début de l’été 2011. Mais, nous avions alors deux convictions.
La première, c’était qu’un accord national était nécessaire et essentiel à notre réussite, il a été conclu, et c’est tant mieux.
La deuxième, c’était que ces accords se fassent correctement et dans la transparence dans notre département, qu’on n’en profite pas pour évincer certain-e-s et en favoriser d’autres. La suite a été conforme à nos aspirations.
Il n’y a donc rien à reprocher aux dits accords et certainement pas à prétendre que la base n’a pas été consultée. Cet argument démagogique est certes facile à développer en réunion de section socialiste pour qui veut s’attirer un éphémère succès personnel, mais il ne tient pas.
Nous savons tous qu'aucune assemblée générale ne laisserait sa circonscription à un partenaire. Ce type d’accord ne peut être conclu qu’au niveau national, chacun le comprend même ceux qui le dénoncent pour tenter de satisfaire leurs ambitions personnelles.
Alors aujourd’hui, dans cette deuxième circonscription du Vaucluse, nous,
militant-e-s socialistes, avons deux responsabilités immédiates.
La première, nous rassembler, pour faire gagner notre candidat François Hollande à l’élection présidentielle car c’est naturellement la première condition du succès de nos idées.
La deuxième, nous mettre aux côtés du candidat aux législatives qu’EELV a désigné, Jacques Olivier, pour qu'il porte notre volonté de changement à l’Assemblée nationale qui sortira des urnes en juin 2012, candidat qui défendra un programme écologiste ET socialiste.
En assumant pleinement ces deux responsabilités, nous sortirons victorieux, à n’en pas douter des confrontations avec la Droite qui nous attendent dans les mois à venir.
On peut parfaitement comprendre la déconvenue de tel(le) ou tel(le) qui se voyait déjà investi(e) en titulaire ou suppléant dans la deuxième circonscription ou ailleurs. Mais que ceux(celles)-là prennent exemple sur notre Première secrétaire qui au soir des résultats des Primaires citoyennes s’est rangée résolument derrière le candidat désigné par le scrutin. L’enjeu pour le peuple de gauche, pour toute la Gauche nécessite de leur part cet effort de responsabilité et de mise en retrait. Ils/elles ne pourraient qu’en sortir grandi(e)s alors qu’en s’obstinant dans une aventure personnelle, ils (elles) ne pourraient que se décrédibiliser.
Philippe Batoux
Section socialiste de Mérindol/Cadenet
Les bancs vides de l'Assemblée Nationale, du Sénat et de nombreuses autres
assemblées démontrent d'une façon cruciale que beaucoup d'élus de tous bords
insultent les citoyens. Ils continuent malgré leur carence répétée à se gaver en
multipliant leurs revenus (cumuls des mandats puis des retraites). Ils se
justifient en donnant pouvoir aux proches de leur parti ou de leur tendance pour
des votes qui n'ont rien de démocratiques. Un citoyen quelconque travaillant
dans le privé ou dans le public est viré quand il s'absente de façon
injustifiée.Que dira un parent d'élève si l'enseignant de son fils s'absente de
façon répétée ? Que fera l'administration ? Que diront les élus le jour où, si
par hasard ils sont présents, de ces absences rédhibitoires ?
J'apporterai mon soutien à ceux qui s'engageront à s'opposer au cumul des
mandats, qui opteront pour que les élus reçoivent une indemnité correspondant à
leur présence effective pendant toute la durée des débats,qui feront tout pour
que celui qui est représentant du peuple n'en fasse pas un métier mais une
fonction limitée dans le temps....A vous de jouer.
J.B