Discours au Pré Saint Gervais

vendredi 30 mars 2012

Les dix raisons qui feront la victoire de la Gauche en mai et juin.




  1. Les « effets différés » des mouvements sociaux de 2003 à aujourd’hui.

En décembre 2010, ce sont 8 millions de travailleurs qui sont descendus dans la rue pour défendre leur système de retraite. 7 ans après 2003, la mobilisation restait intacte. La droite, obnubilée par les vieilles rengaines libérales, n’a pas compris que cet acharnement à abaisser le niveau des pensions ne lui serait pas pardonné et qu’elle en paierait le prix électoral, le moment venu. Tout comme elle n’a pas compris que le mépris à l’égard des travailleurs jetés au chômage par les amis du Président ne pouvait qu’heurter une République qui depuis 1946 met ses idéaux sociaux au même niveau que ses idéaux de Liberté, d’Égalité et de Fraternité. L’œuvre du conseil national de la Résistance est toujours au centre des débats politiques dans ce pays. Ce que Chirac avait compris avec « La fracture sociale » est totalement étranger au Président sortant qui n’a qu’une piètre culture politique.


  1. Le Parti socialiste, cette fois, a décidé de gagner.

Il n’est qu’à comparer les meetings de 2007 et ceux de 2012 pour s’en rendre compte. Alors que la Primaire citoyenne portait en elle les risques de la division, à peine le résultat connu, on a vu l’ensemble du Parti se mettre en ordre de campagne derrière le candidat. Un élan d’unité que nous n’avions pas connu depuis bien longtemps et qui a convaincu notre base électorale que le cycle défaitiste, en vigueur depuis 2002, était réellement dépassé. Voir Manuel Valls, transformé en maître de cérémonie, s’affairer à Dijon pour que tout soit réussi ne tient pas seulement de l’anecdote, cela révèle une vraie volonté collective de réussite, une vraie volonté de mettre de côté tout ce qui peut nous diviser pour privilégier ce qui nous réunit. Une vraie volonté de gagner.
La même volonté, au service de notre candidate en 2007, aurait même, peut-être, pu porter une dynamique de victoire. Au-delà de la candidate, c’est, avant tout, notre division qui a permis le succès du candidat du Fouquets’.


  1. La Gauche n’a jamais été aussi unie depuis 1981.

L’accord avec Europe Écologie Les Verts en est le premier révélateur, la plupart des militants d’EELV a compris que la victoire passerait, comme c’est toujours le cas, par l’unité des forces de gauche et subsidiairement qu’un nouvel échec dû à notre division scellerait la fin du mouvement écologiste. Par ailleurs, le Front de Gauche, grâce au talent politique de JL Mélenchon, est parvenu à fédérer l’ensemble de la Gauche radicale émiettée jusqu’à présent en quatre ou cinq chapelles. Cette dynamique porte en elle une augmentation nette du score de la Gauche au premier tour et la victoire au second car Jean-Luc sait parfaitement qu’il ne lui serait pas pardonné, par sa base, d’être responsable d’une défaite de son camp. Si le Parti Communiste des années soixante-dix pouvait se le permettre, lui ne le peut pas.


  1. Notre candidat est capable de rassembler.

François Hollande a cette capacité de conserver la dynamique unitaire parce qu’il connaît parfaitement les mécanismes politiques qui régissent les rapports de force à gauche. Il sait qu’il ne gagnera qu’à la condition de donner des gages de son ancrage à gauche. Ses soixante propositions, qui reprennent largement le « Projet socialiste », répondent aux aspirations des couches populaires même si bien sûr, celles-ci souhaiteraient qu’il aille plus loin. Mais, au total, elles se reconnaissent dans ces propositions qui clivent avec celles de la Droite. L’opposition sur les questions sociales est frontale et c’est tant mieux.


  1. Les programmes des différents candidats de la Gauche apportent de vraies réponses aux préoccupations des couches populaires.

On retrouve dans cette campagne le schéma classique. Les thèmes abordés par les candidats de gauche sont les mêmes : emploi, pouvoir d’achat, redistribution des richesses, justice fiscale, logement, égalité homme/femme, éducation, santé etc. Ce sont les grandes lignes de la fracture sociale de la société française. Ils sont classiquement également déclinés de façon plus ou moins radicale selon les sensibilités mais dans tous les cas les éléments de rupture avec le vécu des politiques suivies depuis 2002 sont manifestes. Comme le dit Gérard Filoche, « Avec la Gauche on n’a pas tout ce que l’on veut, mais avec la Droite on a tout ce que l’on ne veut pas. »


  1. Les mythes de la révolution libérale des années 80 sont à bout de souffle.

« Le marché, le marché vous dis-je ! »
Tu parles Charles ! Deux crises financières après, une multitude de plans de sauvetage plus loin, on en revient aux bonnes vielles recettes keynésiennes voire à une dose de protectionnisme, des États-Unis à l’ensemble de la planète sauf, exception notable, en Europe où les dogmes libéraux sont écrits en lettres de feu dans les traités. Les peuples grecs, portugais, espagnols… français mis à genoux n’en peuvent plus mais qu’à cela ne tienne, toujours plus de sang et de larmes et cela sans aucun résultat ni en matière d’emploi, ni en matière de croissance. Nous avons les deux meilleurs  libéraux du monde : Angela et Nicolas qui imposent leurs vues aux autres qui n’ont pas les moyens de s’y opposer. Le peuple dégagera Nicolas en mai, le tour d’Angela viendra à l’automne.


  1. Le candidat sortant est honni jusque dans son camp et est devenu le symbole de l’augmentation des inégalités.

Parmi les conservateurs, nombreux, que compte notre pays, il en est de nombreux pour qui les notions de justice sociale représentent l’essence de notre République. Ceux-là ne se reconnaissent pas dans un président qui ne se mêle qu’aux riches. Giscard, l’aristocrate, l’avait compris en son temps et maladroitement mis en œuvre avec ses dîners chez l’ouvrier ou ses récitals d’accordéon. Plus sérieusement, l’électorat ouvrier de droite qui votait pour l’UNR lors des trente glorieuses pouvait y retrouver son compte, ce n’est plus le cas avec l’UMP de 2012. C’est bien pour cela que lorsque la Gauche est crédible, en matière sociale, comme en 1997, avec Lionel Jospin, elle l’emporte. Alors que lorsqu’elle vacille sur ses fondements idéologiques, comme avec Lionel Jospin en 2002, elle perd.


  1. Il a, en outre, fortement heurté les consciences républicaines.

Ce sont encore et toujours les idées qui gouvernent le monde et particulièrement la France pays où le peuple est accroché à la politique comme nulle part ailleurs, sauf peut-être le Sénégal. A Latran, en glorifiant le curé aux dépens de l’instituteur, le candidat sortant a pris tous les républicains à rebrousse poil. Il a heurté les consciences républicaines qui sont consubstantielles à notre République. A Dakar, il a rompu, par l’affichage de son mépris, de sa condescendance vis-à-vis du peuple africain ce lien historique qui nous unit à l’Afrique, dans une relation certes ambiguë, depuis si longtemps. Il a profondément troublé son propre camp ou pour le moins la partie humaniste de celui-ci.


  1. La droite est divisée et n’affiche qu’une unité de façade.

Ils sont tous en embuscade, Juppé qui n’a pas vraiment renoncé, Coppé qui attend son heure, Borloo qui ne se rallie qu’à contrecœur, le Centre de Bayrou qui ne sait comment exister entre deux échéances présidentielles et l’extrême droite qui refuse de se fondre dans la majorité mais peine à affirmer sa différence tant elle se comporte en roue de secours du capitalisme comme à son habitude. Au total, l’attelage est hétéroclite et cela se voit… trop. Et cela porte la défaite comme la nuée porte l’orage qui s’abattra sur eux le 6 mai prochain.


  1.  Comme le disent les meilleurs amis du candidat sortant : la Gauche a perdu en 2002 et 2007, elle ne peut pas perdre à tous les coups.

dimanche 18 mars 2012

Réunion avec Gérard Filoche à Mérindol : un beau succès


75 participants pour notre troisième réunion publique, cette fois sur les thèmes croisés de l'emploi et de la dette. Pendant près d'une heure trente, Gérard a montré avec son éloquence coutumière combien étaient dramatiques les effets du libéralisme dans le monde du travail. Il a pu développer, devant un auditoire attentif et conquis, les solutions alternatives pour sortir de la crise de la dette par le haut, par toujours plus de progrès social.

samedi 18 février 2012

L’énergie qui constitue un enjeu géopolitique, socio-économique, environnemental est soumise aux lois de la physique.  Le concept d’énergie, donne lieu à des quantifications scientifiques et techniques ainsi que de nature sociétale. Il est donc à l’intersection de domaines présentant des logiques, des contraintes et des constantes de temps très différentes.
Cette introduction au débat s’attachera à développer les outils principaux permettant d’appréhender les enjeux sous leurs différents aspects, puis à montrer la nécessité d’une politique énergétique. Enfin, elle abordera des voies possibles pour le futur, en tenant compte de l’ensemble des aspects développés. 

lundi 6 février 2012

Discours de François Hollande
au 36ème Congrès de France Nature Environnement
le 28 janvier 2012
 
Vous avez voulu faire de votre congrès une occasion assez exceptionnelle de convoquer démocratiquement les candidats à l’élection présidentielle, enfin presque tous, pour répondre aux interrogations qui sont les vôtres et confronter les propositions que vous faites et les engagements des candidats. Je m’inscris pleinement dans cette démarche. Je salue votre fédération, les associations qui en sont membres, le million de militants bénévoles qui se dévouent. La démocratie, ce n’est pas seulement de voter tous les cinq ans pour le président de la République. La démocratie, c’est aussi, dans le cadre associatif, de prendre part au destin du pays, de s’engager sur des projets, parfois contre des projets, mais d’être des citoyens actifs. Et c’est en ce sens que je suis très attaché à l’indépendance des associations en matière d’environnement.
La crise que nous traversons n’est pas seulement une crise financière, économique, sociale, c’est aussi une crise environnementale. Nous avons traversé, et nous traversons encore, une période où les ressources naturelles s’épuisent, où la biodiversité recule, où le C02 se concentre, et il est à craindre que si cette crise perdure, en même temps que la crise économique, il s’en trouvera parmi nos concitoyens qui penseront qu’il faudrait mettre de côté la préoccupation environnementale. Alors que je crois profondément que l’écologie et l’environnement sont les leviers pour sortir précisément de la crise.
Le temps écologique est un temps long. Il appelle donc une logique altruiste, démocratique, responsable, et c’est la raison pour laquelle je considère que nous avons à passer un partenariat écologique pour permettre la transition écologique et énergétique. Le partenariat part de ce qui existe. Le Grenelle est un acquis. La méthode, la concertation à Cinq, a été saluée. La prise de conscience de l’urgence environnementale également. La première loi sur le Grenelle a été un succès. Elle a permis de nombreuses avancées. Mais la deuxième a été déjà plus limitée. La volonté politique a faibli. Les moyens financiers n’ont pas suivi. Les objectifs n’ont pas été atteints. C’est la raison pour laquelle, devant vous, je prends l’engagement d’ouvrir un dialogue environnemental qui devra être au même niveau que le dialogue social. Non pas que je veuille opposer le social et l’environnemental ; le lien est direct. Mais nous devons avoir un agenda. Et si demain, je suis le prochain président de la République, j’ouvrirai une conférence environnementale qui prévoira un agenda, des priorités, des objectifs, des moyens pour les atteindre et des indicateurs permettant d’en faire l’évaluation. Cette méthode-là est essentielle si nous voulons réussir. Elle est fondée sur le respect, respect de tous ceux qui viendront dans ce partenariat. Et il faudra ajouter aux Cinq les parlementaires, parce qu’il est très important que les élus qui votent les lois soient directement impliqués dans la recherche des objectifs et des moyens pour les atteindre.
Il y aura deux grandes priorités dans l’agenda : la préservation de la biodiversité et la mutation énergétique.
Sur l’agenda lui-même, il sera au niveau national mais aussi au niveau local. C’est la raison pour laquelle j’engagerai une nouvelle étape de la décentralisation pour que de nouvelles compétences soient données aux élus, avec les moyens correspondants, à la condition, là encore, qu’aux niveaux local, départemental et régional, il y ait également ce dialogue environnemental nécessaire pour atteindre les objectifs.
La démocratie, c’est aussi la participation des citoyens et des associations au grand débat. J’ai entendu un certain nombre de propositions, et notamment sur l’énergie, de faire voter le peuple français. Ma démarche n’est pas celle-là, et je préfère vous le dire tout de suite. Je veux qu’il y ait un grand débat citoyen avec une commission nationale pluraliste qui en sera chargée. Ce débat prendra le temps qu’il faudra, six mois, un an si c’est nécessaire. Au terme de ce débat, c’est le Parlement qui votera la loi de programmation de la transition énergétique.
J’ai moi-même fixé un certain nombre d’objectifs et d’étapes. J’ai considéré que pour la diversification énergétique, il fallait qu’elle soit fondée sur trois principes : la sécurité — la sûreté donc -, l’indépendance et l’emploi. J’ai affirmé la nécessité de diminuer la part du nucléaire dans la production d’électricité à l’horizon 2025 de 75 % à 50 %. Dans le quinquennat, la centrale de Fessenheim sera fermée. Et l’industrie nucléaire deviendra aussi une industrie d’excellence en matière de démantèlement.
Parallèlement, une politique industrielle sera mise en œuvre pour les énergies renouvelables, avec la création d’un fonds de capital-développement pour soutenir les entreprises qui s’engageront dans cette filière. Les tarifs de rachat d’énergie seront fixés à des niveaux permettant de favoriser la géothermie, l’éolien, l’énergie hydrolienne et les panneaux solaires sur les bâtiments. Je prends l’engagement que ce tarif de rachat ne variera pas selon les circonstances. De la même manière, les avantages fiscaux accordés au soutien des énergies renouvelables ne seront plus discutés année après année. Ce sera encadré dans toute la législature, c’est-à-dire que ce qui aura été fixé au point de départ sera également appliqué au point d’arrivée.
Je veux également, en même temps que la diversification énergétique, l’efficacité énergétique. Je propose la mise aux meilleures normes énergétiques d’un million de logements — 600 000 dans le parc ancien, 400 000 pour les nouveaux logements. L’innovation thermique sera une grande priorité. Les réseaux intelligents seront favorisés, aussi bien pour les bâtiments industriels que pour les bureaux, et bien sûr pour les immeubles résidentiels. Pour réduire la consommation de carburant, le fret ferroviaire et le développement des transports doux seront favorisés. La sobriété énergétique sera donc la règle pour atteindre l’efficacité.
Enfin, je suis pour une économie écologique. Nous avons besoin de nouveaux modes de développement, de nouvelles activités. Il y a une nouvelle donne en termes d’emploi, d’investissements à distribuer. Je veux encourager l’écoconception des produits, leur durabilité, leur fonctionnalité, la proximité des lieux de production et des lieux de consommation. Donc, une nouvelle économie.
La fiscalité écologique en sera l’un des instruments. Je prends devant vous trois engagements.
Le premier, c’est de porter en France le niveau de la fiscalité aux normes européennes. Nous avons aujourd’hui du retard. Nous le comblerons. Le principe sera celui du « pollueur payeur ». Et si nous avons à changer le mode de financement de la protection sociale, ce sera aussi, si nous devons baisser les prélèvements sur le travail, en appelant les prélèvements sur la pollution pour financer la protection sociale.
Le deuxième engagement, c’est de procéder dès le début du quinquennat à un examen systématique de l’ensemble des dispositions fiscales défavorables à l’environnement, et d’évaluer tous les dispositifs qui ont été présentés comme favorables. Nous ferons cette évaluation. Il y aura donc une nouvelle donne fiscale qui sera fixée dès le début du quinquennat. Et elle sera fixée durablement. Le principe que je pose, c’est la stabilité des règles, stabilité des règles pour la législation, stabilité des règles pour la fiscalité.
Ensuite, nous avons à évoquer les tarifications en matière environnementale. La tarification actuelle veut que plus nous consommons, moins nous payons. C’est une aberration. Je voudrais donc proposer aux Français de maîtriser leur consommation dans un contexte d’énergie durablement chère. Il y aura donc un forfait de base pour chaque foyer, pour satisfaire les besoins essentiels et à un coût moindre. Plus la consommation augmentera, plus le tarif s’élèvera.
Il y aura, parce que je suis sensible à la grande question de la précarité énergétique et que je ne veux pas opposer le social à l’écologie, un forfait adapté pour 8 millions de nos compatriotes qui aujourd’hui souffrent de la précarité énergétique, et qui auront donc un tarif adapté.
Je veux évoquer un sujet sensible, celui de l’agriculture. Trois principes, là encore, doivent être posés : la proximité et les circuits courts, la qualité — c’est aussi la sécurité pour les consommateurs — et la diversité. Il y aura une grande réforme, celle de la Politique agricole commune, à conduire. Je ferai en sorte que les critères agro-environnementaux soient des critères qui permettent la distribution des aides aux agriculteurs. J’insisterai sur la multiplicité des agricultures. Il n’y a pas qu’une agriculture en France, qui aurait toujours le même mode de développement. Il y en a plusieurs. C’est une richesse pour la France que d’avoir cette diversité de productions, de produits, de tailles d’exploitation, de modes de culture de nos terres. J’aurai là encore plusieurs engagements à prendre devant vous : promouvoir la production biologique, réduire l’usage des pesticides, interdire l’utilisation des OGM en plein champ, mettre en place un étiquetage « sans OGM ».
Et nous devrons aller plus loin. Il nous faut mobiliser la recherche, l’enseignement agricole autour de ces nouveaux enjeux. Et puisque je parle d’enseignement, de recherche, d’éducation, c’est la grande question qui, finalement, nous unit tous au-delà de nos sensibilités : qu’allons-nous allons faire pour les générations qui viennent ? L’éducation à l’environnement devra être dans les apprentissages de base, parce que c’est finalement la citoyenneté, c’est l’autonomie, c’est la capacité de décider librement de ce que l’on consomme ou de ce que l’on ne consomme pas.
Et puisque je parle de la recherche, la recherche doit être mise davantage qu’aujourd’hui au service de l’environnement. Je n’oppose pas le progrès et l’écologie. Le progrès est au service de l’écologie, à condition qu’on y mette tous les moyens nécessaires et qu’on cherche comment améliorer la vie. Donc, sur la recherche, nous devons aller plus loin sur un certain nombre d’évaluations des impacts de l’environnement sur la santé. Par exemple, le Plan cancer devra introduire un volet environnemental pour comprendre ce qui peut être des facteurs permissifs pour la maladie. Il en est de même pour les recherches sur les technologies, où là aussi nous devons faire des corrélations entre ce qui se passe autour de nous, sur nous, et les maladies qui, hélas, se diffusent.
J’aurai également à agir au plan européen et au plan international, si les électeurs m’en donnent mandat.
Au plan européen, un traité est en cours de discussion. Je ne reviendrai pas sur son contenu actuel, les disciplines nécessaires, les responsabilités. Faut-il aller jusqu’à imposer des plans d’austérité dans tous les pays ? Je ne le crois pas, et ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui. Ce qui manque à l’Europe, c’est une politique de développement, une politique énergétique commune. Il y aurait tant à faire ensemble pour préparer les grandes infrastructures qui nous permettraient d’avoir davantage de fret ferroviaire, qui nous permettraient d’économiser l’énergie, qui nous permettraient d’être un des meilleurs au monde dans les énergies renouvelables ! C’est cette politique commune de l’énergie que je ferai en sorte de promouvoir.
Et puis, il y a le rendez-vous international le plus proche, ce sera au mois de juin prochain, Rio + 20. Nous devons avoir une volonté d’aboutir, et nous devons arriver à une organisation mondiale de l’environnement, comme il existe une Organisation mondiale du commerce, comme il existe une Organisation internationale du travail. Ce devra être la perspective que le prochain président devra ouvrir.
Je veux terminer pour dire que les enjeux, tels que vous les avez vous-mêmes présentés et auxquels j’ai voulu répondre, nécessiteront la mobilisation de tous les acteurs. Bien sûr, du prochain président de la République, de son premier ministre qui devra être directement chargé de la transition écologique. Chaque ministre devra avoir lui-même sa feuille de route en matière de transition écologique dans le domaine de sa compétence. Et enfin, il doit y avoir tous les acteurs, acteurs locaux, acteurs associatifs, et les citoyens eux-mêmes. Nous avons besoin du concours de tous. Il y a heureusement des causes dans notre pays, au-delà des élections, qui devraient nous rassembler. Il y a bien sûr des intérêts, il y a bien sûr des idéologies, il y a bien sûr des peurs, des frilosités. Et puis, il y a la dictature de l’urgence. Mais il y a un moment où nous devons aller à l’essentiel. L’essentiel, c’est de considérer qu’il y a des dettes financières — sûrement —, des dettes sociales — à l’évidence — mais qu’il y a aussi des dettes écologiques que nous ne pouvons pas continuer, là, d’augmenter année après année, en transmettant ce fardeau aux générations futures.
Je veux terminer sur cette réflexion : toute ma campagne, toute ma démarche, c’est de considérer que la jeunesse doit être prioritaire. Et parce que je fais de la jeunesse la grande cause du prochain quinquennat, si les Français le veulent, je suis conscient que la question du pacte écologique est nécessaire. Nous sommes la génération de la transition. C’est notre responsabilité, à vous, à nous, de permettre de passer d’une économie à une autre, de sources d’énergie à d’autres sources d’énergie, d’un mode de vie à un autre mode de vie. Nous devons préparer ensemble le monde de demain. Et c’est parce que j’ai la responsabilité des générations futures que je suis prêt à relever le défi avec vous.

mardi 24 janvier 2012

Belle démonstration d'unité, ce mardi, à La Fourmi


C'est beau l'unité de la Gauche...

Une bonne cinquantaine de militants étaient réunis ce matin, à La Fourmi, sympathique bar de la place de l'étoile à Cavaillon autour de Jacques Olivier pour une conférence de presse en présence de Patrice Lorello pour la Fédération socialiste du Vaucluse et Olivier Florens pour le Groupe local des verts.
Un grand merci tout d'abord aux patrons de l'établissement qui nous ont reçus chaleureusement. Un grand merci ensuite à la presse qui a répondu à notre appel.
Il s'agissait, bien sûr, d'annoncer officiellement la candidature de Jacques et de présenter son équipe de campagne.
Deux directeurs pour cette campagne, un vert, Jean-Louis Peyron et un socialiste, Philippe Batoux.
La suppléante de Jacques sera Nicole Dossat, militante socialiste de Cavaillon
Adolphe Graëlls assurera la logistique tandis que Olivier Florens et Jacques Charrier s'occuperont de la communication.
Dans son introduction, Jacques a pu se présenter et tracer les grands axes de sa campagne. Nicole a, quant à elle, retracer ses engagements politiques et humanitaires.
Philippe Batoux, pour le Parti socialiste, a  rappelé le sens politique de l'accord intervenu entre les deux partis et, une nouvelle fois appelé au retrait de toute candidature dissidente et de division.
Pour battre la droite et l'extrême droite, aucune voix ne devra manquer à notre candidat, Jacques Olivier.

vendredi 20 janvier 2012

Le Parti socialiste soutient la candidature de Jacques Olivier


Lundi dernier, les sections du Parti socialiste de Cavaillon, de Cheval Blanc et Cadenet/Mérindol étaient réunies autour de Jacques Olivier, candidat unique du PS, du PRG et de EELV pour l'élection législative de juin prochain.
Cette candidature s'inscrit dans le cadre de l'accord national PS / PRG / EELV, auquel ne manque que le Front  de gauche, ce que nous regrettons, mais il n'est jamais trop tard pour bien faire et le risque FN sur notre circonscription pourra peut-être amener des évolutions positives dans les semaines à venir. L'unité de la Gauche est un combat que nous continuerons de mener.
Les militants socialistes des trois sections ont largement exprimé leur satisfaction quant à cette candidature unique et ont fermement condamné toute candidature dissidente.
La candidature de Jacques et son équipe de campagne seront très prochainement annoncées par la presse...
Affaire à suivre donc...


mercredi 11 janvier 2012

50 arguments pour le droit à une vraie retraite à 60 ans pour tous : choisissez ceux que vous préférez.


1. L’âge de la retraite recule ? le chômage avance.
2. Il n’y aura pas de recul du chômage de masse record (5 millions) sans réduction du temps de travail. 35 h légales vers 32 h, 44 h au lieu de 48 maxima, 1600 h par an maxi , 60 ans.
3. C’est un non-sens d’allonger les durées de cotisations (ou de faire faire des heures supplémentaires) quand on a 5 millions de chômeurs.
4. Pourquoi avoir réduit hier la durée du travail sur la   semaine à 35 h si c’est pour l’allonger sur la vie alors que le nombre de chômeurs est encore plus élevé ?
5. L’autre seul résultat c’est que ceux qui ne seront   pas en retraite à 60 ans seront inscrits au chômage plus longtemps. Qui gagne à cela ?
6. 2 salariés sur 3 sont au chômage, licenciés, inaptes, malades, à partir  de 55 ans. Et cela va en agumentant. Les jeunes seront aussi pénalisés
7. Il y a 25 % de chômeurs parmi les jeunes actifs, pourquoi pousser à ce que les "seniors" travaillent plus, s’il y a une   priorité cela doit être pour les jeunes, priorité à la jeunesse !
8. 3 jeunes sur 4 ne trouvent un boulot en CDI qu’à partir de 29 ans. 41 annuités, pour eux, c’est la retraite à 70 ans assurée.
9. Ceux qui commencent à travailler "tôt" vers 16, 17, 18 ans sont 1 ou 2 jeunes sur 8.
10. Et même ceux qui commencent à travailler tôt ont des   périodes de chômage, de précarité, de temps partiels qui ne sont pas   prises en compte à 100 % dans les annuités. Un salarié qui a travaillé   toute l’année peut avoir moins de 4 trimestres validés si sa   rémunération est faible. Ce n’est pas la durée de travail dans l’année   qui détermine le nombre de trimestres validés mais le montant des salaires soumis à cotisations retraite. Beaucoup ne parviendront pas à   avoir suffisamment de trimestres validés à l’âge de 60 ans, ni probablement d’ailleurs à 62. Puisqu’il faut percevoir un salaire de 1772  brut pour valider un trimestre. Ce qui veut dire qu’un temps   partiel au SMIC travaillant 4 trimestres à l’année n’en valide que 3 ! Ainsi, les gens n’ayant pas fait d’études auront le "droit" à la double peine "Contrats précaires" et "petits salaires" dans leur vie active "Retraites amputées à 67 ans" Pensons aux caissières d’hypermarchés. Mais qui les avertit et qui se soucie d’elles ? Le calcul de la retraite imposé par   Balladur sur les « 25 meilleures années » est ségrégationniste contre les jeunes et pauvres. C’est la santé des gens qui est danger
11. L’espérance de vie "en bonne santé" selon l’INSEE est de 63 ans pour les hommes et de 64 ans pour les femmes (59 ans pour les ouvriers, 69 ans pour les cadres). Et ce qui est grave , toujours selon l’INSEE, en France, l’espérance de vie en bonne santé pour les hommes a baissé de 2007 à 2008, de 63 à 62,4 ans.
12. Entre 55 et 60 ans, 2 maladies sur 3 sont liées au travail, entre 60 et 65 ans, 3 maladies sur 4 sont liées au travail.
13. La biologie du corps humain n’a pas changé entre 55 et 65 ans. TOUS les métiers sont pénibles. Physiquement et mentalement. Vous voyez un vieil instituteur de 62 ans devant ses élèves ? Un chauffeur-livreur à 59 ans ? Une femme de service de nettoyage à 61 ans ? Un cadre stressé de 60 ans en compétition avec des « jeunes » cadres ? Et un ouvrier du bâtiment de 55 ans devant son marteau piqueur ?
14. La principale maladie professionnelle à 85 %, ce sont les TMS, (troubles musculo-squelettiques) ils augmentent de 18 % par an depuis l’an 2000.
15. Dix millions de salariés sur 24 ont des métiers pénibles physiquement (horaires atypiques = 5 millions, dont 2,3 de   nuit ; port de charges divers = 5 millions) et les autres subissent une   pénibilité mentale de plus en plus forte (burn out, suicides, harcèlement, stress, troubles psychosociaux, précarité...).
16. Mais ce ne sont plus les "coups de grisou" qui tuent   comme il y a un siècle : ce sont les accidents cardiaques et   vasculaires. 150 000 accidents cardiaques et 100 000 accidents   vasculaires : entre 1/3 et 50 % sont liés au travail. alors que les prévisions démographiques sont contredites par la réalité 17. Les prédictions de ceux qui disaient qu’on ne peut payer les retraites pour des raisons démographiques sont toutes tombées à l’eau : ils prévoyaient 350 000 naissances par an à partir de 2000, on a   eu 850 000 enfants par an depuis l’an 2000.
18 : Il y a un « pic » de retraités entre aujourd’hui et 2036. Ensuite ça retombera jusqu’en 2060 où cela remontera. Il suffit d’ajuster le taux des cotisations en fonction des variations année par   année. 19 : L’ajustement des cotisations sociales retraites peut se faire en temps réel, d’un an sur l’autre, selon les variations démographiques, directement de ceux qui travaillent à ceux qui sont en   retraite. Pas besoin de « placer » de l’argent en courant tous les risques dans des fonds de pension aléatoires que les spéculateurs dilapideront dans les îles Caïman.
La durée de cotisation réelle moyenne devrait être la référence

20. Celui qui prétend allonger la durée de cotisations est impuissant à agir sur le réel : actuellement elle recule depuis 10 ans en pratique vers 36 et vers 35 annuités. Aucune des promesses patronales d’aller à l’inverse pour les « seniors »  n’est entrée en pratique.
21. Prétendre imposer — sur le papier — 41 ou 42  annuités, le SEUL résultat, puisque la moyenne des salariés ne peut cotiser que 36 ou 35 annuités, c’est 6 ou 7 ans de décote. Comment admettre d’allonger des annuités qui ne seront jamais effectuées et donc baisser les plus petites retraites ?
22. Reculer l’âge de départ en retraite à pour seul effet pratique de baisser le niveau des retraites réintroduisant la misère chez les vieux.
23. Il faut prendre comme référence le nombre d’années réellement cotisées dans la vie réelle et non pas l’allongement aléatoire de l’espérance de vie.
24. Par exemple, si la moyenne réelle des annuités cotisées dans la vie réelle des salariés est de 35 annuités, la référence retenue pour une retraite à taux plein doit être de 35, si elle est de 36 cela doit être 36, si elle monte à 37, cela doit être 37... 25. Mais mettre un objectif inatteignable à 41 ou 42 annuités, c’est faire sauter les gens à la perche sans perche, le seul résultat actuel est qu’ils ont une retraite plus basse et non pas qu’ils travaillent plus.
26. Depuis 8 ans il n’y a AUCUNE raison "nouvelle" de repousser l’âge réel de la retraite. Aucun effet d’entraînement dans l’emploi des seniors. Les salariés cotisent MOINS longtemps en moyenne ! 36 annuités seulement ! Pour sortir de la crise, il ne faut pas baisser salaires et retraites mais les augmenter !
27. Raison de plus pour ne pas prendre l’espérance de   vie comme référence, c’est trop aléatoire : l’espérance de vie régresse aux États-Unis depuis plusieurs années, elle régresse aussi depuis trois ans en Allemagne. Travailler plus longtemps vous mourrez plus tôt.
Des conditions bien plus dures que dans le reste de l’Europe

28. En Allemagne, en Italie, en Espagne, c’est 35 annuités pourquoi 41 ou 42 ici ? Sarkozy a fait la pire réforme contre le droit à la retraite de toute l’Europe.
29. En Allemagne, la droite veut fixer les départs à 67 ans, mais en 2029... c’est remis en cause par les syndicats qui   l’avaient, hélas, signé parce qu’actuellement, la moyenne des départs   est toujours autour de 58 ans...
30. En Grande-Bretagne, ils annoncent 68 ans... en 2048 ! Ici, en France, Sarkozy a imposé 67 ans pour le taux plein en 2018, c’est-à-dire demain ! Il faut abroger la loi Sarkozy-Woerth.
31. En Allemagne, ce n’est pas du tout pareil qu’en   France, parce que nous, on vit un "boom" démographique depuis l’an 2000, 2,04 enfants par femme, en Allemagne c’est 1,4 enfant par femme.
Un projet politique pour tous

32. 60 ans c’est un DROIT ce n’est pas une obligation ! Mais encore faut-il que ce DROIT soit pour tous ! " d’ordre public social ". 60 ans c’est une référence pour tous, un objectif réaliste, contrôlable, clair TOUS ENSEMBLE.
33. 100 000 hommes et 50 000 femmes meurent entre 60 et 62 ans. Avec 41 ou 42 annuités, ils mourront sans un seul jour, une seule semaine, un seul mois de retraite après avoir cotisé toute leur vie.
34. La "retraite à la carte" c’est le slogan du Medef : pour complexifier le système et le rendre illisible, pour qu’il n’y ait   plus d’ordre public social, que les salariés ne soient plus solidaires. C’est comme la durée du travail "a la carte", le SMIC à la carte... La règle ne sera plus fixée en raison des besoins humains généraux mais au cas par cas en raison des exigences de la productivité.
35. 60 ans c’est déjà trop : on doit exiger la retraite à 55 ans dans le bâtiment et dans tous les métiers TRES pénibles. Pas au cas par cas individualisé en triant les humains comme des bestiaux, mais de façon régulière par une convention collective.
36. Aucune raison de vivre moins bien que nos parents : gardons des retraites à 60 ans, 35 annuités, à 75 % du salaire calculé sur 10 meilleures années, indexées sur les salaires (ce que proposait   encore Lionel Jospin en juin 1997)
37. Sinon on subit la double facture : travailler plus   longtemps après 60 ans et gagner moins, une majorité de gauche ne peut   aller dans ce sens = austérité = récession = crise aggravée = chômage. Respecter la démocratie à tous les niveaux
38. Démocratie ! Le seul vote de congrès - unanime - du PS qui a eu lieu c’était à Dijon 2003 pour le droit a la retraite à 60 ans à taux plein. Respectons-le.
39. C’est François Hollande lui-même qui avait fait voter le congrès du PS unanime de mai 2003 pour la retraite à 60 ans à taux plein !
40. Démocratie, débat dans le PS et dans toute la gauche, tous les syndicats : branle-bas de combat pour la défense des retraites à 60 ans pour tous. 60 ans c’est majoritaire et dans la gauche politique et dans les syndicats : pour qui on dirige ? Pour le peuple ou pour le AAA ?
41. De toute façon, il y a un risque de ne pas gagner en   2012 si la gauche se trouve en porte-à-faux avec 75 % de l’opinion et les 8 millions de manifestants de 2010 (rien ne s’oublie) qui veulent abroger la loi scélérate Sarkozy-Woerth de pillage de nos retraites : il va falloir s’en rendre compte.
42. Oui, il faut écouter les 8 millions de manifestants et 75 % de l’opinion, il faut que François écoute, dialogue, défende la   retraite à 60 ans.
43. On votera bien sur François Hollande pour battre Sarkozy, mais nous luttons légitimement avec une majorité de la gauche pour qu’il respecte le rétablissement de l’âge légal de départ à 60 ans. Des richesses, il y en a !
44. La "dette" a bon dos pour justifier qu’on ne peut payer les retraites ni hausser les salaires. Elle est la conséquence de choix réalisés par Sarkozy qui veut nous la faire payer. En France, on n’a pas un problème de dette mais de recettes.
45. Ne pas céder au chantage des officines de droite qui s’auto intitulent "agences de notation". Ils ne proposent jamais de faire payer les riches mais de baisser les salaires et retraites des plus modestes 46. Ne pas céder au chantage des fonds de pension qui   veulent siphonner les retraites. Ne jamais les croire, ne jamais leur confier un seul sou de nos retraites : ils vous prendront tout et ils   vous voleront tout, le dilapideront dans les caves à « subprimes » et autres paradis fiscaux des Bahamas.
47. La France a 87 % de dette/PIB à cause de Sarkozy qui a vidé la « cagnotte publique » de Lionel Jospin, et remplit les « cagnottes privées » en faisant 24 points de dettes en plus en cinq ans (de 63 à 87/PIB). Mais la France avait 290 % de dette/PIB en 1945 et pourtant elle a mis en place les retraites à ce moment-là.
48. La France est 2,5 fois plus riche qu’en 1982 quand la retraite à 60 ans a enfin été mise en place. 49. Salaires et cotisations sociales sont trop bas depuis + de 20 ans, la France n’a jamais été aussi riche, elle peut payer les retraites à 60 ans. Il faut hausser le coût du travail et baisser celui du capital. 50. Le COR l’a expliqué et démontré : avec 0,35 % seulement d’augmentation des cotisations sociales par an d’ici 2036, les retraites à 60 ans (35 annuités, 75 %, 10 ans, > au Smic, indexées sur salaires) sont garanties et payées.
Conclusion : Convainquons, battons-nous, nous sommes la majorité non seulement de la gauche, du salariat, mais du pays tout entier. Qu’on n’ait pas convaincu Sarkozy ce n’est pas une surprise, hélas, vu le personnage et sa politique 100 % réactionnaire, mais ce n’est pas tolérable, il n’a pas écouté le peuple. Lui, il est pour la retraite à  70 ans et 45 h sans gain de salaire. Mais François Hollande est candidat et socialiste, lui, il peut et doit entendre davantage.

Sinon, c’est le chômage qui va gagner
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Gérard Filoche

mardi 3 janvier 2012

François Hollande : "Adresse aux Français". Tribune publiée dans Libération du 3 janvier

Je suis candidat à l’élection présidentielle pour redonner à la France l’espoir qu’elle a perdu depuis trop d’années. Les Français souffrent. Ils souffrent dans leurs vies : le chômage est au plus haut parce que la croissance est au plus bas ; la hausse des prix et des taxes ampute leur pouvoir d’achat ; l’insécurité est partout ; leurs emplois s’en vont au gré des fermetures d’usines et des délocalisations industrielles ; l’école, l’hôpital sont attaqués et n’assurent plus l’égalité entre citoyens ; l’avenir semble bouché pour eux et pour leurs enfants ; la jeunesse se désespère d’être maintenue en lisière de la société. Les Français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur paraît méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abîmée, «dégradée».
La dépression économique est là, l’angoisse sociale est partout, la confiance nulle part. J’affirme avec netteté où se situent les responsabilités. Certes, depuis 2008, il y a la crise. Elle est le produit de la mondialisation débridée, de l’arrogance et de la cupidité des élites financières, du libéralisme effréné, sans oublier l’incapacité des dirigeants européens à dominer la spéculation. Il y a surtout les politiques injustes et stériles menées depuis dix ans, les fautes économiques et morales de ce dernier quinquennat. Il y a donc la responsabilité personnelle de celui qui est au sommet de l’Etat depuis cinq ans.
Un mandat se juge sur ses résultats, une politique sur sa cohérence, un caractère sur sa constance. Comme les choses seraient faciles si l’échec devenait une excuse, si l’expérience - même malheureuse - devenait une justification opportune de poursuivre et l’abandon des promesses, une preuve de courage ! Et pourtant, telle est l’ultime contorsion tentée par le président sortant : incapable de trouver une issue à la crise de la zone euro après seize «sommets de la dernière chance» en à peine deux ans, il voudrait qu’on lui laisse encore le temps d’y porter remède, sans qu’il nous indique - hormis la rédaction d’un nouveau traité européen - ce qui serait de nature à le voir réussir là où il a échoué. Impuissant face à la montée du chômage, le voilà qui convoque une ultime réunion avec les partenaires sociaux pour nous dire qu’il faut traiter avec plus de considération les demandeurs d’emploi. Indifférent aux creusements des inégalités après avoir multiplié les indulgences aux plus fortunés, il annonce, comme pour retrouver une soudaine vertu, qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand - et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution ?
La mystification est grossière. Je ne la sous-estime pourtant pas. Une campagne électorale est un moment particulier, où bien des choses peuvent être dites, bien des mensonges proférés, bien des paradoxes présentés comme des vérités de bon sens. J’entends déjà les lieutenants paniqués de Nicolas Sarkozy prétendre que dans la tempête il ne serait pas sage de changer le capitaine. Ce qui prête à sourire quand le navire s’est échoué. Et bientôt, il ne lui restera plus qu’à proclamer qu’il a changé, que les événements l’ont changé, que la fonction l’a changé, que l’échec l’a changé… Posons d’ores et déjà la bonne question à ce sujet : plutôt que de reconduire un président qui aurait tellement changé, pourquoi ne pas changer de président, tout simplement ?
C’est cette responsabilité qui m’incombe. Celle de permettre le changement. Un vrai changement. Ce n’est pas ici le lieu d’analyser ce qu’aura été ce quinquennat. Disons simplement que ces cinq années auront été la présidence de la parole et, lui, le président des privilégiés. Voilà la page que je veux tourner. Je mesure la difficulté de la tâche qui m’attend si vous m’accordez votre confiance. Le redressement de nos comptes publics comme celui de notre appareil productif sera long. La reconquête de notre souveraineté financière exigera des efforts considérables et surtout de la justice. Le retour de la confiance appellera une politique qui mobilisera les Français autour de l’avenir : l’éducation, la recherche, la culture, la transition énergétique et écologique.
Je sais aussi nos atouts. Nous sommes un grand pays disposant d’immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d’une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d’une démographie dynamique, d’une épargne abondante, d’un attachement profond aux valeurs de la République. Nos ouvriers, nos techniciens, nos ingénieurs, nos chercheurs, nos savants, nos fonctionnaires sont parmi les meilleurs du monde. La productivité de notre travail est une des plus élevées de toutes les économies développées. Notre vie intellectuelle et artistique demeure une des plus riches et suscite toujours l’admiration des peuples.
Cent dix jours nous séparent du premier tour de l’élection présidentielle. Ce scrutin interviendra dans un contexte que rarement notre pays aura connu depuis le début de la Ve République. La France a pourtant traversé bien des épreuves en un demi-siècle : des crises économiques, de graves mouvements sociaux, de véritables ruptures civiques aussi. Mais en 2012 le choix que vous aurez à faire sera décisif. Décisif, il le sera pour vous, pour vos enfants, pour l’avenir de votre patrie, pour l’Europe aussi, qui attend et espère entendre à nouveau la voix de la France, une France dont elle a besoin pour retrouver un projet et un destin.
Pour la première fois depuis longtemps dans notre histoire nationale, ce choix dépassera, et de loin, les seules questions politiques et partisanes. Comme en 1981, comme en 1958, ce qui est en jeu dans cette élection et dans le choix que feront les Français, c’est plus que la seule élection d’un président, plus que la désignation d’une majorité, plus que l’orientation d’une politique : c’est l’indispensable redressement de la Nation. Ce redressement est possible. Pour le réussir, quatre principes m’inspireront.
La vérité : je ne serai pas le président qui viendra devant vous six mois après son élection pour vous annoncer qu’il doit changer de cap, qui reniera ses promesses faisant mine de découvrir que les caisses sont vides. Les Français sont lucides, ils savent que nous aurons besoin de temps, qu’il faudra faire des efforts à condition qu’ils soient partagés ; mais ils préfèrent des engagements forts sur l’essentiel à un catalogue de propositions.
La volonté : il en faudra pour rétablir les comptes publics, pour relancer la croissance, pour soutenir les emplois. Il en faudra pour redonner confiance aux entrepreneurs, aux salariés, aux fonctionnaires, aux chercheurs. Il en faudra pour réduire les inégalités, répartir différemment les richesses. Il en faudra aussi pour réussir la transition énergétique. Il en faudra surtout pour maîtriser la finance.
La justice : la justice, c’est un impôt équitablement réparti selon les capacités de chacun. La justice, c’est une société qui ne tolère aucun privilège. La justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite. La justice, c’est une école qui accorde la même attention à chaque enfant. La justice, ce sont des soins accessibles à tous. La justice, c’est de pouvoir vivre de son travail. La justice, c’est pouvoir profiter d’un vrai repos après des années de labeur. La justice, c’est vivre en paix et en sécurité partout. La justice, c’est une société qui fait sa place à sa jeunesse.
L’espérance : je veux retrouver le rêve français. Celui qui permet à la génération qui vient de mieux vivre que la nôtre. Celui qui transmet le flambeau du progrès à la jeunesse impatiente, celui qui donne à la Nation sa fierté d’avancer, de dépasser ses intérêts et ses catégories d’âge et de classes pour se donner un destin commun, qui nous élève et nous rassemble. Cette espérance n’est pas vaine. Elle est le fil qui renoue le récit républicain.
Je sais que beaucoup d’entre vous se demandent si notre pays a encore le choix de son destin ou s’il est condamné à appliquer un programme décidé ailleurs ou dicté par les marchés financiers. Beaucoup doutent de notre capacité collective à décider de notre avenir, et de notre liberté de nous mettre en mouvement selon nos valeurs et notre modèle social. Beaucoup s’interrogent sur la réalité de notre souveraineté. A tous ces Français, je veux dire : oui, nous pouvons, même dans une économie mondialisée, maîtriser notre destin. Nous le pouvons en comptant d’abord sur nos propres forces, et en agissant au niveau de l’Europe, à condition que celle-ci soit réorientée. Ce sera une des responsabilités principales du prochain chef de l’Etat. Nous sommes capables de nous dépasser chaque fois que nous nous mobilisons sur une cause qui nous rend fiers. La France est un grand peuple, capable du meilleur s’il retrouve la confiance en lui, la confiance en l’Etat et en celui qui l’incarne.
Je veux aussi combattre ce scepticisme qui mine la démocratie, lever ce doute qui ronge les esprits quant à notre capacité à vivre ensemble. Je veux rappeler que la gauche et la droite, ce n’est pas la même chose. Il peut y avoir des défis incontournables. Il n’y a jamais une seule politique possible pour les relever. Le prétendre est un leurre ; pire, un mensonge. L’élection présidentielle qui vient sera le moment de la confrontation démocratique, celles des idées, des projets, des visions de la France et de l’Europe, des femmes et des hommes aussi. Je n’ignore rien des tentations d’électeurs souvent issus des classes populaires pour l’extrême droite. Ma campagne sera aussi tournée vers eux. Je leur parlerai net. J’entends leur colère et leur désarroi. Et je leur démontrerai que l’extrémisme, outre qu’il n’apporterait aucune solution à leurs difficultés, n’est pas digne des valeurs de notre pays. Plus que l’irréalisme des positions économiques du Front national ou l’illusion d’un repli derrière des barrières devenues des barbelés, c’est la violence sociale et la vindicte ethniciste qui menaceraient la République. C’est un des enjeux de ce scrutin.
Enfin, je respecte profondément toutes les candidatures de la gauche comme celle des écologistes. Elles peuvent marquer des orientations, affirmer des exigences, ouvrir des alternatives, susciter des débats, mais ce n’est pas faire preuve d’une quelconque prétention hégémonique que de penser qu’il sera difficile pour l’une d’entre elles d’être présente au second tour. Dès lors, il me revient d’incarner l’alternance et de permettre le changement. Rien n’est acquis. Beaucoup va dépendre de la gauche, de son esprit de responsabilité, de son courage, de sa cohérence, de son audace. Mais aussi de la force de ma propre candidature. J’aurai à affronter la droite accrochée à son pouvoir et liée aux puissances de l’argent, je resterai proche de vous pour porter une grande ambition collective : celle de renouer avec l’esprit de justice et l’idée de progrès.
Comme il y a trente et un ans, avec François Mitterrand, si nous savons nous en montrer dignes c’est vers nous que les Français vont se tourner le printemps prochain. C’est vers moi qu’ils porteront leurs suffrages et leur confiance, c’est à moi qu’ils confieront la responsabilité de diriger le pays. J’y suis prêt.